Patrick Négrier, maître de cérémonie du premier séminaire sur l'Ennéagramme de conscience, organisé les 24 & 25 juin prochains à Paris par l'IDHH, a accepté de lever le voile sur cet événement unique.
Quels seront les thèmes abordés lors du séminaire des 24 & 25 juin ?
Les thèmes abordés lors de ce séminaire seront les suivants :
- les composantes et la construction de l’ennéagramme
- le cercle de l’ennéagramme et la théorie gurdjievienne des cosmos (loi de l’unité)
- les deux lignes brisées dans l’ennéagramme et la théorie gurdjievienne de l’entropie (loi de sept)
- le triangle dans l’ennéagramme et la notion de force pacifiante (loi de trois) à l’œuvre dans chacune des trois totalités de fonctionnement psycho-moral que sont les trois vertus théologales (foi, espérance, et charité).
Traiterez-vous directement de l'origine de l'ennéagramme ?
Dans les limites du temps imparti nous aborderons les deux principales origines de l’ennéagramme de Gurdjieff : la structure de l’analogie de la ligne et du mythe de la caverne dans la République VI-VII de Platon, et la structure de la gamme diatonique.
Quels rapports entretiennent l'Ennéagramme de conscience de M. Gurdjieff et l'Ennéagramme de personnalité, l'ennéagramme psychologique tel que popularisé par Ichazo et consort ?
Pour répondre à cette question, il faut distinguer le plan historique et le plan philosophique.
Au plan historique, l’ennéagramme psychologique a emprunté le graphisme de l’ennéagramme à Gurdjieff ; quant à la typologie des caractères proposée par l’ennéagramme psychologique, elle ne m’évoque aucun rapport explicite avec l’ensemble de la culture codifiée par G., ce qui s’explique d’autant mieux que G. s’intéressait non pas à ce qui différencie les êtres humains les uns des autres, mais au contraire aux éléments universels qui les traversent tous sans exception.
Au plan philosophique, ce sont deux ennéagrammes différents puisque l’ennéagramme de G. aborde deux thèmes (théorie de la création, et phénomène de l'entropie générale) ignorés de l'ennéagramme psychologique, et qu’il n’inclut lui-même aucune typologie des caractères.
Par-delà cette différence de contenu, comment situer l’un par rapport à l’autre ces deux ennéagrammes ?
L'ennéagramme psychologique propose une typologie des caractères de nature alors que l'ennéagramme de G. propose une carte des étapes successives du développement harmonique de la nature humaine, développement de la nature humaine qui implique un dépassement de l’état naturel de l’être humain (et par conséquent un dépassement de la typologie des caractères de nature), dépassement de la nature humaine qui consiste à assumer les modalités psycho-morales propres aux trois vertus théologales (foi, espérance, charité) comprises au sens de l'ésotérisme chrétien, c'est à dire de manière technique au sens philosophique et initiatique du terme, et par conséquent hors du cadre théologique de la croyance.
Pour le dire de manière plus directe, alors que l’ennéagramme psychologique prend comme objet d’étude la psyché naturelle des individus, l’ennéagramme de G. prend comme objets d’étude les modalités sur-naturelles (notions de centre émotionnel supérieur et de centre intellectuel supérieur) ou contre-naturelles qui transcendent l’individu tant dans sa nature égoïste que dans sa nature égotique.

